critique :
Bataclan, Boulevard Voltaire, 20h45. Soit un quart d'heure au-delà de l'horaire indiqué sur le billet, un incendie s'étant déclaré à un endroit où il n'était pas bon qu'il se déclare, plongeant les abords de Paris en véritable rodéo automobiliste où seul le conducteur émérite – ou celui qui a prévu une solide marge de temps de sécurité – pouvait retrouver son chemin. Même les hôtesses devaient faire face à l'embouteillage de spectateurs qui s'agglutinait sur les marches du cabaret parisien. Par un miracle inespéré, tout était prêt à 21H. Même nous, plus ou moins confortablement assis au troisième rang, tandis que l'autre partie de notre groupe rejoignait le premier (j'y reviendrai). Quelques places restaient bien vacantes, mais rien de dramatique. Franck pouvait commencer. Et il commença, au neuvième dong de l'horloge (fictive, vous pensez bien).
Le mot « célibataire » arrive bien vite dans la conversation. Oui, véronique l'a quitté, et il va s'employer pendant près de deux heures à nous conter les sept années de vie commune qu'ils ont partagé. Enfin, plus ou moins. Car la première chose qu'il souhaite ramener sur le devant de sa scène, c'est qu'il est « Franck Dubosc ». Ceux qui avaient été déçus de ne pas entendre, dans son premier spectacle, son fameux atterrissage de Boeing en pleine Pampa, seront enfin comblés. Une histoire à la Dubosc, le « héros », le « comédien vedette », sorte de transition entre « J'vous ai pas raconté », plus bonimenteur, et « Romantique », plus « relationnel ». En 1999, il sauvait San Pedro du Chili, une jeune américaine au large de Bali, et son imposante Sandy ; en 2004, seulement quelques centaines de personnes coincées dans un avion à la dérive. Le côté « drague et vie quotidienne » prend le pas sur le côté « mythomane », comme si les deux spectacles devaient s'emboîter pour n'en former qu'un seul, exhaustif de l'humour de Franck Dubosc.
Même si le sujet dévie un tout petit peu, le style persiste et demeure. Les sketchs gagnent en volume par une utilisation soignée de la musique d'ambiance, bien plus présente que dans le premier spectacle, et par le talent de mime de Dubosc. Et pour les « chanceux » du premier rang, il sera même possible de participer au spectacle, dans une certaine mesure. Il « ridiculisera » de nouveau une jeune et jolie fille du public (qui s'avérait être de notre groupe), en lui proposant de lui donner la réplique en playback dans un de ses sketchs ; et fera monter sur scène une bonne dizaine de personnes suite à une chenille musicale, pour les faire danser un peu et, si possible, allumer une autre jeune et jolie fille (qui s'avérait être AUSSI de notre groupe) dans l'hilarité la plus totale. Et chacun repartira avec sa petite vanne, avec un bonus spécial pour le petit malin culotté qui se fera épingler régulièrement dans la suite du show (lui, il était pas de notre groupe).
Le principal reproche que l'on pourrait lui faire (hormis la durée, on aimerait toujours que ce soit plus long), est peut-être de s'asseoir un peu trop systématiquement sur ses acquis. Ainsi, quelques phrases récurrentes de son précédent spectacle et même du DVD reviennent hanter et parfois même alimenter les sketchs, dans des proportions plus ou moins importantes. Bien sûr, pas les plus mauvaises, et les conquis seront certainement heureux de retrouver le personnage du campeur et son désormais culte « Tu prends l'apéro ? ». Mais nul doute que ceux qui ne connaissaient pas le bonhomme se plieront de rire devant l'humour si séduisant de Franck Dubosc, qui révèle même, dans les dernières minutes de son spectacle, une fibre romantique qui justifie à elle seule le titre de l'affiche. Derrière l'homme (et son sexe), il y a un c½ur qui bat.
Pas bégueule, Franck revient même nous faire un petit coucou à 23h20, douché et dé-stressé, pour signer des dédicaces (« Pour Nicolas, tu prends l'apéro ? »), faire quelques photos, et recueillir nos réactions.
« Romantique » serait un peu comme une deuxième partie d'un spectacle parfaitement équilibré, correctement enchâssé à la suite de « J'vous Ai Pas Raconté », bien que les penchants mythomanes du personnage Franck Dubosc s'effacent en grande partie pour laisser place au séducteur ringard et à l'arrogant « comédien vedette ». Certes, pas une révolution, mais un très agréable divertissement qui va certainement se faire attendre en DVD.
sketchs :
1- Playback
2- Boeing 747
3- Véro
4- Camping
5- Bamby
6- Pour Goldman
7- New-York à Noël
8- Lettre à Véro
ps: je vais voir Franck Dubosc le jeudi 3 Novembre à Mulhouse, alors vous aurai bientôt des photos de lui et peut-être de moi...